arrêter allaitementQuel est le bon moment pour arrêter d’allaiter ?

Quand le moment est venu de retourner au travail, il semble que ce soit également celui d’envisager d’arrêter l’allaitement. En effet, pour la plupart des femmes qui travaillent, le passage de l’allaitement au lait infantile est justifié par la reprise de la vie professionnelle. Parfois, les femmes cessent d’allaiter en raison des difficultés qu’elles rencontrent dans la mise en place de l’allaitement. En effet, entre les douleurs liées aux montées de lait et les crevasses du mamelon, certains débuts difficiles écourtent la durée de l’allaitement. D’autres y viennent pour commencer la diversification alimentaire. Quoi qu’il en soit, c’est évidemment une transition aussi bien pour la maman que pour le bébé. C’est pourquoi, quels que soient la raison et le moment au cours duquel intervient l’arrêt de l’allaitement, cette étape de la vie de l’enfant et de sa mère doit être considérée, afin qu’elle ait lieu en toute sérénité.

Sevrage de bébé : mode d’emploi

Chaque allaitement étant unique, il n’existe évidemment pas de théorie unique pour sevrer votre bébé ! Toutefois, plus vous consacrerez un certain temps au sevrage, plus il aura de chances de se dérouler en douceur. Prévoyez environ deux semaines pour procéder à un sevrage progressif et respectueux de l’organisme de votre enfant. En effet, ses intestins sont immatures, ils ont besoin d’un certain temps d’adaptation pour passer exclusivement au lait artificiel.

Selon l’âge de votre bébé au moment d’arrêter l’allaitement, munissez-vous soit d’un lait premier âge s’il a moins de six mois, soit d’un lait deuxième âge si votre bébé a plus de six mois. Vous trouverez facilement ces préparations spécifiques en pharmacie ou en supermarché.
Le sevrage étant le remplacement progressif des tétées par des biberons de lait infantile, voici le rythme habituel proposé par les pédiatres, sur une base de quatre tétées quotidiennes :

  • Remplacez une seule tétée pendant quatre jours consécutifs par un biberon de lait artificiel.
  • Remplacez une deuxième tétée pendant quatre jours consécutifs par un deuxième biberon quotidien de lait artificiel.
  • Remplacez une troisième tétée pendant quatre jours consécutifs par un troisième biberon de lait artificiel.
  • Remplacez la quatrième et dernière tétée pendant quatre jours consécutifs par un quatrième biberon de lait artificiel.

Quelques conseils pour un sevrage zen

Avant de vous lancer, et quand cela est possible, sentez-vous prête ! Votre envie doit être au rendez-vous, c’est une des clés essentielles pour un sevrage réussi. Sachez que toute frustration constituera un obstacle dans ce tournant et sera ressentie par votre bout de chou, qui pourrait réagir par un rejet du biberon. Plus vous vous sentirez détendue et encline à passer ce cap, plus le sevrage de bébé se déroulera dans les meilleures conditions pour vous et votre nourrisson.

Vous pouvez également confier les premiers biberons de lait à une personne de votre entourage, comme le papa. Cela peut faciliter l’acceptation du bébé à bouleverser ses habitudes, dans la mesure où votre odeur est absente de cette toute nouvelle expérience.

Que faire si bébé refuse le biberon ?

Si votre enfant refuse le biberon, plusieurs facteurs peuvent être en jeu : il se peut qu’il ait des difficultés à téter, que l’absence de votre odeur le perturbe ou encore que le goût du lait ne lui convienne pas, etc. Pour y remédier, essayez ces quelques astuces :

  • Achetez une tétine physiologique, dont la forme est analogue à celle du sein maternel.
  • Remplacez la tétine en silicone trop dure par une tétine en caoutchouc plus molle.
  • Ne paniquez pas, laissez-lui plus de temps, tout en persévérant avec le même lait avant d’en changer, car il se peut que son système digestif soit en train de s’y adapter.
  • Contactez votre pédiatre si la difficulté perdure au-delà de 48 heures.

Que faire si vos montées de lait ne s’arrêtent pas ?

Il se peut que le sevrage se déroule à la perfection côté bébé, mais que côté maman, certaines difficultés émergent ! Ne soyez pas étonnée si vos seins continuent de produire du lait pendant les premiers jours du sevrage. Sachez que le processus de l’allaitement est intrinsèquement lié à votre nourrisson. Quand il pleure parce qu’il a faim, vos hormones réagissent simultanément, ce qui déclenche une montée de lait. Si votre corps va naturellement se réguler, vous pouvez néanmoins utiliser des coussinets d’allaitement pour votre confort, et pour éviter les fuites indésirables. Si vous regrettez votre choix, sachez qu’il n’est pas trop tard, et que vous avez la possibilité de reprendre l’allaitement en stimulant manuellement vos seins.

Quelles sont les autres options au sevrage ?

Si vous sentez que le moment n’est pas encore venu pour vous et votre bébé, vous avez d’autres solutions possibles, comme l’allaitement mixte. Ce type d’allaitement désigne tout simplement le fait d’alterner le lait maternel et le lait infantile. On peut également parler d’un sevrage sur le long terme. Vous pouvez alors, et selon votre bon gré, conserver une seule tétée, comme celle du soir, idéale pour un moment câlin. La plupart des femmes privilégient en général celle du matin, car le lait est plus abondant. Une alternative sera d’utiliser un tire-lait. Cette solution, plus contraignante pour la femme, permet toutefois à votre enfant de conserver plus longtemps tous les bénéfices de l’allaitement, et ce, malgré la reprise de votre travail. Vous trouverez des tire-laits en location et pourrez en bénéficier en étant remboursée par la caisse primaire d’assurance maladie à hauteur de 100 % de son coût.

Sachez également qu’allaiter est un droit, même à la reprise du travail : l’article L1225-30 du Code du travail précise qu’à partir de la naissance de l’enfant jusqu’à sa première année, toute salariée dispose d’une heure par jour sur ses heures de travail, à cet effet. N’hésitez pas non plus à prendre conseil auprès d’une conseillère spécialisée en lactation pour un accompagnement personnalisé.